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Le mag de la PS4, PS3 et VITA

Jaquette

Berserk and the Band of the Hawk

Editeur : N.C.
Développeur : N.C.
Genre: n/c


Après avoir adapté avec brio les univers de One Piece et de l’Attaque des Titans, Omega Force s’attaque à un autre monument de l’histoire du manga : Berserk. En ses 27 ans d’existence, l’œuvre de Kentaro Miura a brillé par son absence dans le monde du jeu vidéo. Après un bref passage sur Dreamcast, puis sur PlayStation 2 au Japon, le manga le plus gore de sa génération revient sur nos consoles. L’attente valait-elle le coup ?


Sombre et violente est l'oeuvre de Kentaro Miura. Berserk narre la vie de Guts, guerrier froid et taciturne forgé dans le sang et les tripes, traversant champs de bataille et destinée damnée avec pour seule alliée une épée plafonnant à 2 mètres. Né d'une femme morte se balançant au bout d'une corde, notre jeune héros a survécu dans une flaque de liquide amniotique avant d'être recueilli par une troupe de mercenaires. Et ce ne sont que les amuses-bouches. La vie de Guts est parsemée d'embûches, de drames et bien pire encore. Rien ne lui est épargné. La vie s'acharne sur cet être mû par la haine et un instinct de survie hors du commun.

Après avoir étanché sa soif de sang sur papier et pellicule, Guts et ses compagnons d'infortune (jouables pour la plupart), s'attaquent au pixel. La vision du studio OMEGA Force est fidèle à l’œuvre d'origine et adapte rien de moins que les 32 premiers tomes (sur 38 parus en février 2017) au point de s'approprier les scènes des long métrages Golden Age. Et ces séquences empruntées au 7ème art s'associent aux cinématiques réalisées avec le moteur du jeu pour un résultat caressant le fan dans le sens du poil. L'univers créé par Kentaro Miura s'anime à l'écran et distille sa vision de la Dark Fantasy avec amour. Malgré tout, les développeurs ont ajouté des scènes H.S (hors-série) sans intérêt, histoire de gonfler la durée de vie et atteindre les 40 heures.

Seul bémol et non des moindres, la censure. Berserk est une oeuvre totale et assumée vomissant violence et moments tragiques à la figure des lecteurs. Malheureusement, son adaptation vidéoludique se contente de concessions, la faute à un marché frileux et des lois cadenassant la créativité. Les humains valdinguent au moindre impact sans démembrement aucun. Les viscères restent bien au chaud. L'éclipse se transforme en balade champêtre. La violence s'estompe. Berserk s'édulcore et perd tout simplement de sa superbe.

Trancher dans le lard résume parfaitement la vie de Guts et les attentes des fans une fois la question d'une adaptation de Berserk abordée. Et le studio OMEGA Force l'a bien compris. Des hordes d'ennemis déferlent continuellement et poussent notre héros à recouvrir de sang l'herbe verte de la plaine au cours d'une danse macabre à la violence exacerbée. Les coups portés propulsent les corps à des dizaines de mètres et transposent parfaitement les joutes imaginées par Kentaro Miura. Les ennemis tombent sous les combos dévastateurs de la troupe du Faucon. Et la jauge de Frénésie se remplissant sur le dos des cadavres entassés aux pieds de Guts augmente drastiquement sa force de frappe et lui ouvre les portes de la Death Blow. Cette nouvelle jauge absorbe ainsi les âmes des guerriers morts sous votre épée afin de relâcher toute cette puissance en une attaque ultime nettoyant la zone environnante.

Berserk and the Band of the Hawk est un Beat'em All, OMEGA Force oblige. Et à ce titre, l'éternelle recette du Musô est appliquée à la lettre. Sur des cartes de tailles et configurations variées, nos héros se frayent un chemin avec pour objectif d'abattre une cible en particulier ou d'effectuer l'action exigée par le scénario, quitte à revisiter certaines scènes majeures du manga. Seuls les combats de boss enrichissent une expérience jusque-là linéaire et redondante. Un duel à mort contre Zodd L'Immortel ou un apôtre, une passe d'arme face à Griffith... ces instants de bravoure feront frémir de plaisir les fans, malgré un manque de mise en scène flagrant. N'est pas Platinum Games qui veut.

De la jeune pousse de ces débuts au guerrier légendaire de la Troupe de Choc, notre héros bourlingue et évolue. Pour restranscrire cela, Berserk emprunte bon nombre de mécaniques au RPG. Gain d'expérience et montée de niveau traduisent les années à survivre sur le champ de bataille. Guts peut également compter sur divers accessoires lui octroyant divers boosts sur ses statistiques. Bien qu'anecdotique, cet équipement a le mérite d'exister et peut le cas échéant être amélioré ou fusionné afin d'obtenir l'objet tant désiré. De plus, à mesure que le récit se devoile, Guts s'équipe pour faire face à l'adversité et les nouvelles armes obtenues renouvellent un gameplay parfois répétitif par nature. Canon, couteaux de lancer, arbalète à répétition... la vie du guerrier est faite de plaisir simple.

Pour conclure, Berserk and the Band of the Hawk est une bonne adaptation des aventures de Guts souffrant avant tout d’une expérience redondante et linéaire au possible, la faute à un genre répétitif par essence… le Musô. Le titre de OMEGA Force est fidèle à l’œuvre de Kentaro Miura autant dans la violence des combats que dans le récit qu’il raconte. Et pourtant, le plaisir de découper des hordes d’ennemis ne peut occulter une technique obsolète et des graphismes pauvres recouvrant de sang l’écran faute de mieux. Berserk est un Beat’em All à conseiller aux fans de la franchise souhaitant (re)découvrir la saga manette en mains.
L'avis de BeuZ
NOTE
PLAYZINE

7.2
10
Gameplay : 7 - Fluide, violent, intense ! mais redondant dans le genre Muso
Durée : 8 - Une quarantaine d'heures de jeu , de quoi ravir les fans de la série
Son : 7 - Simple et efficace
Graphisme : 7 - Les graphismes sont fidèles aux mangas mais les environnements vides...
Réalisation : 7 - Des combats riches et variés mais une censure présente qui casse tout le mythe de Berserk !