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Le mag de la PS4, PS3 et VITA

Jaquette

Agony

Editeur : N.C.
Développeur : N.C.
Genre: n/c


Agony est un jeu indépendant developpé par Madmind Studio sorti le 29 mai 2018 sur PS4. Ce jeu de Survival Horror nous propose un trajet simple pour l'Enfer et souhaite nous plonger dans un environnement gore, mature, impitoyable et dérangeant. Alors est ce que l'horreur est au rendez-vous ? La réponse dans ce test !


Agony ne s'encombre pas franchement de scénario. Vous chutez vers les enfers, ou du moins vers le purgatoire, territoire d'expiation des péchés dans la douleur, sans savoir précisément qui vous êtes, mais en connaissant toutefois votre objectif : trouver la déesse rouge, elle seule pouvant vous extirper des tourments de l'enfer. Si l'idée de devoir jouer d'infiltration et de réflexion pour parvenir à s'échapper de cette misérable condition était séduisante sur le papier, dans les faits, Agony est un véritable chemin de croix, dans le sens littéral du terme.

En réalité, Agony se définit davantage par ce qu'il n'est pas que par ce qu'il est. Il n'est pas un jeu d'infiltration, il n'est pas un jeu d'énigmes / réflexion, il n'est pas un jeu de combat ni même un jeu d'horreur. Il est en revanche un mauvais jeu, qui ne remplit clairement pas les promesses qu'il laissait entrevoir dans ses trailers, et ce, sur l'ensemble des 8 heures demandées pour boucler l'aventure.

Construit en chapitres, eux-mêmes décomposés en différents points de sauvegarde à déverrouiller manuellement, Agony vous propose de vous balader dans différentes chambres infernales, certaines d'entre elles étant plus ou moins thématiques et en rapport avec les 7 péchés capitaux. Chaque zone vous proposera de petites interactions à réaliser pour vous débloquer le passage vers la suivante. Dans l'une, il faudra se sortir d'un labyrinthe, dans l'autre, essayer de trouver, parmi un nombre limité de signes gravé dans les murs, quel glyphe dessiner sur une porte afin de pouvoir l'activer et passer à l'étape suivante. L'ensemble alternera ces phases, sans grande originalité, et proposera comme fil conducteur la présence de Martyrs et autres bestioles désagréables, qui causeront, pour les plus puissantes, votre mort si vous les rencontrez.

Dans ce cas, pas d'inquiétude. Si vous avez eu l'intelligence d'ôter les sacs recouvrant la tête des quelques âmes humaines tourmentées qui errent dans les cercles infernaux d'Agony, votre esprit pourra prendre possession d'elles dans un temps limité, vous permettant de continuer la partie. Ils servent, pour résumer, de points de sauvegarde intermédiaires qui ne sont pas non plus inépuisables. En revanche, en cas de mort répétée et sans possibilité de posséder une âme, votre point de réapparition reculera d'un point de sauvegarde manuel. Ce dernier point a toute son importance, surtout lorsque vous comprendrez que la mort est la plupart du temps causée par une technique clairement à revoir et par des mécaniques qui manquent cruellement de clarté.

Agony incite donc à la prudence, à l'avancée à pas de loup, et propose même une fonction "retenir la respiration" pour qu'une fois dissimulés dans un renfoncement de décor, difficilement détectable en raison d'une visibilité quasi nulle, les martyrs ne puissent détecter votre présence. La réponse de l'IA à cette technique est totalement aléatoire, les créatures pouvant autant vous négliger lorsque vous vous trouvez en face d'elles, ou vous trucider lorsque vous vous faites plus discret qu'une souris. Les phases d'infiltration ne fonctionnent donc pas, et toutes les planètes semblent alignées pour ressortir les joueurs d'Agony de l'atmosphère que le titre essaye de déployer. Outre les animations des créatures qui ne se déclenchent pas toujours et un travail sur le sound design qui ne permet pas nécessairement de détecter l'arrivée ou non d'un ennemi à proximité, l'extrême lourdeur des déplacements du personnage empêche toute réactivité en situation de tension. On préfèrera finalement se laisser aller à courir frénétiquement (en dépit de la jauge d'endurance bien trop limitée) dans les couloirs du jeu afin de trouver le plus vite possible un nouveau point de sauvegarde manuel quitte à se laisser mourir pour posséder une nouvelle âme. Pour un titre qui voudrait jouer sur la tension et l'atmosphère, autant dire que c'est raté.

On peut dire que l'étiquette colle avec le produit : Agony porte effectivement bien son nom. Gameplay archaïque et brouillon, mécaniques confuses, IA inexistante, énigmes répétitives et technique pas au niveau sont autant de défauts qui devraient vous convaincre de fuir ce jeu comme la peste. Et ce ne sont pas que les trop rares bonnes idées artistiques (sur PC, du moins) qui sauveront le bateau du naufrage.
L'avis de BeuZ
NOTE
PLAYZINE

4.8
10
Gameplay : 5 - Nombreux bugs indignes sur console
Durée : 5 - 7 fins différentes à explorer...si vous en avez le courage
Son : 4 - Bande son assez spéciale qui n'immerge que très peu le joueur...
Graphisme : 6 - Des plans artistiquement inspirés mais des levels design assez brouillon
Scénario : 4 - Scénario inintéressant