Chargement...
Si certains jeux, comme Burnout Paradise, ont assuré avec succès leur transfert du support blu-ray vers le PlayStation Network, plus rares sont ceux qui ont fait le chemin inverse, du virtuel vers le tangible. C'est le cas de PAIN, paru en mars 2008 sur notre PSStore européen, et disponible depuis le mois de juin sur une jolie galette, qui réunit, en plus du jeu de base, certaines de ses extensions. Alors, on achète PAIN ou c'est pas la PAIN ?
PAIN est donc un jeu de plateau d´un genre un peu nouveau et particulier. Il est question de lancer votre personnage à l´aide d´un arc géant (à la Bip-bip et Coyote) et de faire le plus de dégâts possible, tant à votre personnage (un bonus est attribué si vous lui faites mal, et vous gagnez un genre de boost, mais nous y reviendrons) qu´aux divers éléments du décor. Tout y passe : voitures, immeubles, enseignes de magasins, passants... Vous pouvez, non ! Vous DEVEZ tout détruire afin d´obtenir le score le plus élevé possible. « C´est tout ? » Me direz-vous. Eh bien oui, c´est strictement tout. À ceux qui s´attendaient à un immense chef d´œuvre vidéoludique, nous serions tentés de répondre qu´il ne s´agit après tout que d´un jeu fait pour le PSN, mais ça ne serait qu´une bien vile excuse : Fl0w et Flower sont tous deux des jeux PSN, et sont absolument merveilleux.
Graphiquement, le jeu ne casse pas trois pattes à un canard : nous sommes dans une esthétique cartoon qui se revendique comme telle (en évitant probablement d´être trop réaliste afin de ne pas attirer les colères de la censure), mais on peine parfois à croire que nous sommes bien sur un système PS3... Les textures sont pauvres et les décors quelque peu répétitifs. Le gameplay est donc effectivement original, mais souffre là aussi de gros défauts. Tout d´abord, les maps disponibles sont ridiculement petites. Pourquoi donc avoir placé le personnage dans un coin excentré de la carte plutôt qu´au centre, lui offrant une vision et des possibilités à 360° ? La question demeure. On va donc explorer les mêmes endroits, répéter les mêmes actions des dizaines de fois, avant de réussir à accumuler des points. Il faut savoir que le joueur obtient la possibilité, une fois le premier impact passé, de déclencher un genre de boost lui permettant de déplacer, l´espace de quelques secondes, son personnage inconscient : une façon de le placer en milieu de la route pour causer un accident de la circulation, par exemple... et de gagner plus de points. Amusant, donc, ce gameplay, mais tellement répétitif...
Grâce à cette nouvelle mouture qui reprend donc l´essentiel des DLC disponibles sur le PSN autour du jeu, la durée de vie de PAIN est relativement longue. Surtout pour celui qui aura la folle prétention de faire les trophées du jeu, qui sont tout bonnement parmi les plus difficiles à obtenir. Plusieurs modes de jeu sont proposés, du score game de base en passant par plusieurs mini-jeux : lancer de clown, jeté de mime, bowling, caisses explosives à faire péter en un temps record... Malheureusement, là encore, le gameplay « figé » du jeu rend ces diverses épreuves finalement incroyablement répétitives, malgré des instructions de jeu différentes.
Heureusement, le travail sur le son est là pour remonter quelque peu le niveau. Si les ambiances passent très largement au second plan, les doublages sont quant à eux hilarants. Chaque personnage possède son lot d´expressions, toutes plus drôles les unes que les autres. On retiendra le sosie japonais d´Elvis et, surtout, le mime qui déclame des propos complètement absurdes, en français dans le texte (quand on joue en version originale, bien sûr), du style : « Oh mon dieu ! » ou « Mon fromage ! ». Un hommage tordant au Mime Marceau !
PAIN est donc un jeu dont on se lasse extrêmement vite, malgré ses quelques qualités. L´idée de base aurait pu être amusante, mais le traitement est tel qu´on ne voit pas tellement la différence entre les différents modes de jeux. Jeter son personnage contre une vitre, ou jeter son personnage contre un autre personnage pour le faire passer par une vitre, c´est bonnet-blanc et blanc-bonnet. La course aux trophées est peine perdue... Malgré ça, nul doute que, comme pour la version virtuelle du jeu, cette version au format blu-ray fera des émules, d´autant qu´elle est proposée à bon prix. Maintenant, le jeu en vaut-il la chandelle ? Le doute persiste...
| NOTE PLAYZINE 5,2 10 | |
| Gameplay : 4 - Original, mais on a fait le tour en 5 minutes... et c'est plutôt mal pensé ! Duree : 7 - Long, mais ennuyeux, donc finalement on n'y gagne pas forcément. Son : 7 - Des commentaires plutôt drôles (surtout le mime). Graphisme : 5 - Rien de spécial, le côté cartoon est sympa, mais ça casse pas 3 pattes à un canard. Scenario : 3 - Pas de scénario, mais des modes de jeu plutôt variés (bien que toujours répétitifs). |